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Le poète écrit/parle plus volentiers de la poésie au travers d’un poème. La poésie n’est pas liée à un poème particulier écrit ou lu. Elle y étincelle comme le soleil sur le cristal poli mais cache son existence intérieure loin des regards tout comme l’amour, tout comme la beauté.

En déplorant le fait qu’il est dur d’écrire sur la poésie en langage quotidien, je suis tombé sur un entretien donné par le directeur d’une école de commerce. Il disait entre autres choses: ‘’Le problème de l’informatique est qu’elle ne traite que de connaissances exprimées en parole ou par écrit’’. Il avait dit et ajouté que les pensés des hommes sont gouvernées par une connaissance silencieuse qu’il est difficile d’exprimer. An contact des autres, les hommes devraient se souvenir de cette connaissance silencieuse qu’il y a chez chacun, car c’est d’elle que notre vie dépend.

Bon sang, pensai-je, j’aurais dû habiller cette pensée de mots. Car c’est ma pensée, même si elle ne m’était ps venue auparavant. elle est tellement familière.

Peut-être que cette pensée m’avait été retirée puis offerte au directeur de l’école de commerce. Peut-être l’avait-on lue ou entendue de quelqu’un d’autre, ou bien elle lui était venue en rêve. Les pensées flottent dans l’air et le hasard décide sur qui elles s’inscrivent.

De toute façon, je comprenais maintenant qu’avant où on a besoin de la poésie, de quoi parle la poésie - et pour quelles raisons les ordinateurs ne peuvent pas être poètes, car bien que les théories simplifiées sur l’évolution décrivent les organismes vivants, les hommes en plus des autres individus, comme étant des machines intelligentes dont le seul but est en dernier ressort la survie et la reproduction, nous savons tous (mais le savons-nous vraiment?) que ce n’est que partiellement ou pas du tout vrai.

Dans notre silence intérieur, qui est relativement bruyant, influent des forces opposées. Les tentatives d’autodestruction sabotent en lui les tendances de survie et de reproduction. Souvent, ce n’est que la peur de la mort qui nous tient en vie. Des interprétations explicites de notre monde intérieur (de notre connaissace silencieuse) sont fatalement des contrefaçons.

De temps en temps - rarement - je peux lire un poème qui m’ébluit par sa véracité. Je n’arrive pas à restituer cette impression en mots isolés, en vers, en métaphore ou en rythme. Le poème est peut-être dans son ensemble simple et sans ornements, mais au moment où je commence à l’expliquer, je me rends compte que l’essentiel n’a pas été dit. J’en déduis qu’un tel poème exprime la vérité (la connaissance silencieuse) qui n’a d’ailleurs pas, pour être désignée, une expression exacte.

J’imagine que l’auteur du poème m’a offert, en plus d’une exprience esthétique, une preuve de notre similitude. Nous ne sommes pas seuls, ni lui ni moi.

Mes porpres poèmes ne sont pas en surface pariculièrement silencieux, la plupart ne le sont pas. Le ‘moi’’ poète fait du bruit, égocentriquement, comme s’il n’était pas seulement le personnage principal de son propre univers, mais aussi de toute la scène du monde. J’espérerais pourtant être capable de transmettre l’impression que ce personnage est conscient du manque de relativité qui déchire. Qu’au fond de son existence bruyante se déploie un silence profond, une mer de connaissance silencieuse qu’il n’a pas lui-même créée, conçue par magie, mais qu’il a reçue en quelque sorte comme don, en patrimoine génétique, d’une chorale d’espèces vivantes à plusieurs voix qui se tait, d’une vue du dessus et avant tout de sa propre espèce, de son propre cercle culturel, mais au fond, d’extrêmement loin, des premiers instants de la matière.

Par l’intermédiaire du sience, je crois lier un contact avec ceux qui se taisent avec sagesse, de la même manière que ceux qui, au début de notre rencontre parlent en faisant du tapage avec joie et avec peine, mais dans les cavitéss de leurs pensées habite le même silence que le mien.

J’aboutris à cet aveu: pour l’expérience esthétique produite par le poème (la poésie) se rattache à sa force à communiquer. Et c’est sur cela, justement que j’aboutis.

Penti Holappa

(traduit du finnois par Léa de Chalvro et Amaud Laygues)

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La Maison de la Poésie au Maroc organise sa deuxième session académique placée cette fois sous le nom du poète marocain Mohammed Khaïr-Eddine (1942-1996). Cette session tournera autour du thème de la modernité de la poésie marocaine au XXè siécle.

Le choix de ce thème répond à la préoccupation d’aborder la réalité de la poésie marocaine selon différents niveaux de lecture et centres d’intérêts, tenter une approche où puissent être combinées réflexion, histoire littéraire, documentation et analyse critique. Il sagit de rechercher tous les foyers d’expériences qui ont été propres à ce territoire, d’être au fait de l’aventure qui l’a façonné cependant qu’il était marginalisé à l’intérieur de la situation culturelle tant au Maroc qu’à l’étranger. Les réalités complexes de ce mouvement poétique, en fait, ont donné lieu à un discours réducteur ayant tendance à fausser la connaissance du phénomène, qui s’emploie à dénaturer les véritables aspects d’une production riche pourtant de ses figures, de ses oeuvres, de la mémoire et de ses actions.

Consacrer une session à la modernité de la poésie marocaine au XXè siècle, c’est vouloir développer une lecture structurelle élargie qui fasse ressortir les approches tentées dans le domaine avec une vision d’avenir, des attitudes ouvertes sur les questions du temps poétique dans sa dimension à la fois marocaine et humaine. Cet examen est en mesure de faire le point des lignes de direction prises à différentes étapes et circonstances. Bien que ces directions, à première vue, donnent l’impression d’être discordantes, elles finissent, en réalité, par se rejoindre dans le contexte plus global de la connaissance de la poésie moderne. L’histoire de la poésie ne coïncide pas nécessairement avec l’histoire sociale et politique, c’est un autre aspect de l’histoire qui est exprimé à travers le poème dans sa singularité et ses secret; l’histoire de la poésie s’écrit à partir des mouvements, des idées, des expériences vécues, des luttes menées et des obstacles rencontrés.

Tout ceci nous pousse à orienter les travaux de cette session vers la mise au point des périodes qui ont eu un impact avident sur la formulation du texte poétique marocain moderne, sur une poésie dont la diversité n’a pas été étudiée avec suffisamment de responsabilité intellectuelle et critique. L’idée d’une session acadmique, on ne cessera jamais de le dire, n’est pas fondée sur un préjugé de clan; on ne s’y attache que parce qu’elle agit dans le sens d’une rencontre fréquemment chez la plupart des chercheurs, critiques, voire chez des poètes eux-mêmes, et chez la pluaprt des intellectuels. Cette création poétiques a donc siffusamment fait l’objet de jugements hâtifs, d’appréciations restés aveugles sur sa modernité, de points de vue fussées qui ont contribué par leurs distorsions à la mise en place de normes de lecture sans rapport nu avec la critique proprement dite ni avec le poème: c’est toujours un aspect tout à fait arbitraire qui est abordé au détriment d’un autre, que ce soit en arabe, en fançais ou en d’autre langues; la démarche critique demeure lamentalement fermée à l’écoute du texte poétique ou bien la voilà qui isole les faits poétiques e leur répercussions culturelles fondamentales.

Des études nouvelles de la poésie marocaine moderne, vierges de cet imaginaire inquiétant qui persiste à marquer le discours ambiant, se font heureusement jour d’une façon de plus en plus marquée; elle constituent l’un des facteurs qui encouragent la Maison de la Poésie au Maroc à pourrsuivre ses sessions académiques, dans l’idée que la poésie appelle à une lecture en accord avec le poème, le poème lui-même se faisant l’écho des questions propres au temps poétique. La tenue de ce deuxième colloque est ainsi l’ocassion de tirer bénéfice du colloque précédent, d’oser par le biais des exposés et des discussions, se concentrer sur une perspective qui libère le poème de tout asservissement, favoriser autant chez les poètes que chez les critiques les dispositions à entrevoir chaque poème dans sa dimension de globalité, y compris celle, étrange en effet, qui renvoie l’émerveillement à sa source et tout questionnement à son origine connaissante.

 

 

Lettre adressée à Monsieur Federico Mayor
Directeur Général de l’UNESCO, Paris
pour une Journée In ternationale de la Poésie
29 Juin 1998

La poésie est le chant premier de l’humanité. C’est l’expression artistique véhiculée par la parole, la plus vieille et la plus jeune à la fois. Des civilissations entières sont nées de la poésie de même que peuples et cultures s’y sont identifiés.

Les poètes, aujourd’hui, poursuivent leur tâche primordiale: conserver à la parole poétique sa force vitale pour qu’elle accompagne l’homme dans une vie de déchirements, de solitudes et d’absence d’intériorité. En cela, la poésie est préservation de l’essentiel, qui est chanter l’humain en nous, à partir de notre quête incessante de davantage de liberté d’expression, dans notre désir de vivre dans la paix, de marcher sur les traces de la fraternité entre les peuples et les cultures, nous insurgeant constamment contre les formes de discriminations et de conflis qui tourmentent les hommes en cette fin de siècle.

L’humanité n’aura jamais aussi fortement ressenti que dans les temps présentes, le besoin grandissant de garder vivante et sensible la poésie dans notre vie menacée. Nombre de facteurs viennent nous rappeler, nous poètes, éditeurs, associations, institutions publiques, internationales et non-gouvernementales, notre responsabilité dans le soutien de la poésie face aux hostilités déclarées d’une mondialisation qui privilégie la consommation effrénée et l’afflux d’information.

Au milieu d’un tel étouffement, instauré pour que la poésie soit dévalorisée et chassée de la scène publique, la poésie, quant à elle, appelle à un avenir différent et dans un horizon opposé. Elle necessite l’intérêt fondamental qui donne à écouter le chant du monde traverser continents et océans humains, pour que cette parole unique, libre et pure, atteigne les valeurs les plus hautes de la fraternité, seule possible entre tous les citoyens de la terre.

Pour toutes ces raisons, La Maison de la poésie au Maroc, qui célèbre depuis sa création en Décembre 1996 une journée de la Poésie, adresse à l’UNESCO un appel plein d’espoir en faveur d’une journée internationale de la poésie. C’est une journée qui cadre parfaitement avec les autres journées approuvées par l’UNESCO, notamment la journée internationale du Théâtre. Nous avons la conviction profonde que la poésie mérite amplement qu’une journée mondiale lui soit consacrée, où les hommes sur notre terre, chacun dans sa langue pourraient chanter leur amour pour vivre en paix, égaux et libres.

Nous espérons que cette lettre trouvera en vous, Monsieur Federico Mayor, - qui êtes à la fois poète qui vit dans et pour la poésie et Président qui rend en charge de défense des principes de la communauté internationale sur lesquels se base la charte des Nations Unies dans le domaine de la Culture, - l’écoute qu’elle est en droit d’attendre.

Pour notre part, nous vous informons qu’en collaboration avec les institutions marocaines, nous préparons une correspondance à adresser à l’UNESCO suivant la procédure officielle.

Je vous prie, Monsieur le Présient, d’agréer ici l’expression de nos salutations les plus chaleureuses et de croire en notre entière gratitude.

Mohammed BENNIS
Président de la Maison de la Poésie au Maroc

Ogranisation des Nations Unies
pour l’Education, la Science et la Culture
Le Directuer Général

Lettre adressée à Monsieur Mohammed BENNIS
Président de la Maison de la Poésie, Casablanca

Monsieur,

C’est seulement le 1er juillet dernier, grâce à une copie qui m’a été communiquée par Monsieur l’Ambassadeur Berrada, que j’ai eu connaissance du contenu de votre lettre du 17 Février 1998, dont l’original ne m’était jamais parvenu. Je regrette qu’en conséquence il ne m’ait pas été possible de répondre plus tôt à ce courrier.

La création au Maroc de la Maison de la Poésie et les importantes activités que celle-ci a déployées depuis qu’elle existe ont retenu toute mon attention. Je me félicite du projet qu’elle a formé d’organiser tous les deux ans un festival de poésie et, compte tenu de la vocation internationale de cette manifestation, j’accorde bien volontiers le patronage de l’UNESCO à sa première édition, qui aura lieu à Casablanca du 23 au 26 septembre prochain.

C’est avec plaisir que j’aurais accepté votre aimable invitation à participer à cet événement si je n’en étais empêché par d’autres engagements pris de longue date. Croyez bien que je regrette de ne pouvoir être des vôtres en cettes occasion, pour laquelle je vous adresse tous mes voeux de succès.

De même, j’ai pris connaissance avec intérêt de vos lettres du 29 juin et du 10 juillet 1998 dans lesquelles vos exprimez le souhait que l’ONESCO institue une journée internationale de la poésie. Je suis heureux de vous faire savoir qu’à la suite de votre demande, j’ai décidé de faire procéder à une étude de faisabilité concernant la proclamation d’une telle journée, et que la Secrétariat entreprend actuellement une consultation de l’ensembe des associations et des grandes organisations non gouvernementales qui oeuvrent en faveur de ce genre littéraire, comme la Fédaration internationale PEN, le Parlement des écrivains et l’Association internationale des critiques littéraires.

La réalisation d’une telle étude d’autant plus nécessaire qu’à l’instar de la journée mondiale du théâtre, institué par l’Institut international du théâtre (et non par l’UNESCO), une journée internationale de la poésie a été proclamé l’année dernière par la Fédération internationale PEN. Les autorités de votre pays seront bien entendu informées des résultats de cette étude.

En vous remerciant de l’intérêt que vous portez aux activités de l’UNESCO et à la poésie, je vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de ma considération distinguée.

Federoco Mayor
Mohammed BENNIS
Président de la Maison de la Poésie
Espace Wacety
10, Jean Jaurès
Quartier Gautier
Casablanca 20000
Maroc.

 

 

Lors de sa 30ème session tenue à Paris en octobre-novembre 1999, la Conférence générale de l’UNESCO a décidé de proclamer le 21 Mars, Journée Mondiale de la Poésie. L’analyse de la situation de la Poésie en cette fin de scièle, fait ressortir les considérations suivantes:

(i) il existe dans le monde contemporain des besoins insatisfaits en manière esthétique. La poésie peut y subvenir dans la mesure où son rôle social de communiccation intersubjective est reconnu et où elle demeure le moyen d’éveil et d’expression de la prise conscience;

(ii) on assiste depuis vingt ans à un véritable mouvement en faveur de la poésie, avec la multiplication des activités poétiques dans les diférents Etats membres et un accroissement du nombre des poètes;

(iii) il s’agit d’un besoin de société qui pousse les jeunes en particulier à revenir aux sources et constitue un moyen pour eux de se conformer à eux-mêmes, alors que le monde extérieur les attire irrrésistiblement hors d’eux-mêmes;

(iv) de plus, le poète, en tant ue personne, prend un rôle nouveau car les soirées poétiques avec lecture de poèmes par les poètes eux-mêmes sont de plus en plus retour appréciées du public;

(v) ce mouvement de société dans la reconnaissance des valeurs ancestrales est aussi un retour vers la tradition orale et l’acceptation de la parole en tant qu’élément sociabilisant et structurant de la personne;

(vi) il existe encore une tendance dans les médias et le grand public en général à refuser de prendre au sérieux le poète. Il est utile d’agir pour s’en libérer afin que cette image soit révolue et que la poésie puisse avoir droit de cité dans la société.

1. Rôle de l’UNESCO dans la promotion de la poésie

Il est évident que l’initiative d’une action mondiale en faveur de la poésie donnerait une reconnaissance et une implution nouvelle aux mouvements poétiques nationaux, régionaux et internationaux. Cette action devrait avoir pour objectif principal de soutenir la diversité des langues à travers l’expression poétique et donner à celle qui sont menacées l’opportunité de s’exprimer au sein de leur communauté respestive.

Cette journée serait fêtée dans le monde entier à partir de l’an 2000. Il est aussi question qu’elle ouvre les Olympiades culturelles qui seront organisées à Delphes en l’an 2001.

Comme le 21 mars est consacré, sur décision des Nations Unies, à l’élimination de la discrimination raciale, il serait juste que dans un premier temps, ces deux causes soient associées lors de leur célébration le même jour.

De plus, à l’heure où la poésie est en pleine expansion, cette Journée pourrait servir de cadre aux actions et efforts qui sont réalisés à différents niveaux pour soutenir la poésie, et plus particulièrement à promouvoir:

(i) les efforts des petits éditeurs qui s’attaquent au marché du livre, en publiant de plus en plus de recueils de jeunes poètes;

(ii) le retour à l’oralité, ou plutôt au spectacle vivant, car aujourd’hui les récitals de poésie attirent de plus en plus de monde;

(iii) le rétablissement du dialogue entre la poésie et les autres arts tels que le théâtre, la danse, la musique, mais aussi la peinture, etc., et avec les thèmes d’actualité comme la culture de la paix, la non-violence, la tolérance, etc;

(iv) l’association, à l’occasion de la Journée Internationale de la Poésie, de tous les arts ainsi que de la philosophie qui lui est également très proche, afin qu’un sens puisse être redonné au mot de Delacroix qui écrivait dans son Journal ‘’Il n’y a pas d’arts sans poésie’’;

(v) l’image de la poésie auprès des médias afin que l’art poétique ne soit plus considéré comme un art tombé en désuétude mais comme un art qui permet à la société toute entière de retrouver et d’affirmer son identité.

2. Programme de la célébration

En ce qui concerne la célébration proprement dite, chaque pays est invité à célébrer la Journée du 21 mars à sa manière, avec la participation active des commissions nationales, des ONG et institutions publiques et privées concernées (écoles, municipalités, communautés poétiques, musées, associations, maisons d’édition, médias, autorités locales, ...).

Pour sa part, l’UNESCO s’emploiera à encourger et à soutenir les initiatives prises au niveau national visant notamment à:

(i) favoriser l’introdcution de la poésie comme élément important de l’éducation artistique dans les programmes scolaires;

(ii) sensibiliser les établissements scolaires afin que cette Journée soit célébrée de la manière la plus interdisciplinaire possible par et dans les écoles;

(iii) faciliter l’attribution de prix de poésie;

(iv) mobiliser les responsables municipaux afin qu’ils contribuent activement à la préparation et à la tenue de la Journée mondiale de la poésie;

(v) promouvoir la création d’un réseau de palmarès dans chaque Etat membre (et Membre associé);

élaborer un répertoire électronique d’institutions et/ou associations poétiques dans les différents Etats membres et Membres associés.

3. Résolution de la 30ème session de la conférence générale de l’UNESCO adopté le 15 novembre 1999

La Conférence générale,

1. Ayant examiné le document 30 C/82 Proclamation du 21 mars comme Journée mondiale de la poésie, ainsi que la décision 157 EX/3.4.2 du Conseil exécutif relative à cette proclamation,

2. Faisant siennes les recommandations de la réunion ad hoc dont les conclusions sont exposés dans le document 157 EX/9, qui, après avoir procédé dans le détail à l’analyse de la situation de la poésie en cette fin de siècle, voit avec satisfaction et enthousiasme la proclamation d’une Journée en faveur de la poésie,

3. Persuadée que l’initiative d’une action mondiale en faveur de la poésie donnerait une reconnaissance et une impulsion nouvelles aux mouvements poétiques nationaux, régionaux et internattinaux,

4. Consciente que cette action qui répond à des besoin en matière esthétique dans le monde contemporain doit avoir des répercussions dans la promotion de la diversité des langues, car à travers l’expression poétique celles qui sont menacées auront de plus grandes possibilités de s’exprimer au sein de leurs communautés respectives,

5. Consciente aussi qu’un mouvement de société dans la reconnaissance des valeurs ancestrales est aussi un retour vers la tradition orale et l’acceptation de la parole en tant qu’élément socialisant et structurant de la personne et que ce mouvement, qui peut aider les jeunes à revenir aux sources, constitue un moyen pour eux de se confronter à eux-mêmes,

6. Rappelant que, comme la poésie est un arts qui s’enracine dans le texte écrit comme dans la parole donnée, toute activité promotionnelle en sa faveur devrait avoir une incidence positive dans l’intensification des échanges interculturels internationaux,

7. Proclame le 21 mars Journée mondiale de la poésie;

8. Invite les Etats membres de l’UNESCO à participer de la manière active dans la célébration de cette Journée, aux niveaux local et national, avec la participation active des commissions nationales, des ONG ainsi que des institutions publiques et privées concernées (écoles, municipalités, communautés poétique, musées, associations culturelles, maisons d’édition, collectivités locales, etc.);

9. Invite le Directeur générale de l’UNESCO à encourager et à soutenir toutes les initiatives qui seront prises à cet égard aux niveaux national, régional et international.


 

Nous sommes heureux d’informer l’opinion publique, les intellectuels et les artistires au Maroc et dans le Monde Arabe, que la proposition adressée le 20 juin 1998 par la Maison de la Poésie au Maroc à l’ex-directeur de l’UNESCO, Mr. Federico Mayor, au sujet d’une instauration d’une journée mondiale de la poésie, a été officillement avalisée et adopté par l’assemblé générale de l’UNESCO, lors de sa 30ème session en date du 15 Novembre 1999. Ainsi, le 21 Mars est désormais Journée Mondiale de la Poésie.

L’adoption d’une journée mondiale de la poésie par l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture, est une décision historique. Elle place la poésie dans une prespective à la fois immédiate et future sur le plan international, une décision qui traduit une écoute amoureuse de la poésie à l’horizon du 3ème millénaire, quand l’humanité aura, alors, besoin de la poésie, langue de la l’amour, de la fraternité et de la paix, pour sa survie sur les ruines de ce qui menace notre monde sans laisser à la part de l’humain en nous le droit d’habiter librement sur terre.

A l’occasion de cette proclamation historique, qui est le plus beau présent à être offert par l’homme à l’homme au seuil du 21ème siècle, nous félicition les poètes et les amouraux de la poésie où qu’ils soient dans le monde, pour l’adoption de la proposition de la Maison de la Poésie au Maroc par l’ogranisation des Nations Unies. Nous tenons à présenter nos remerciements au Premier ministre, Monsieur Abderrahmane El Youssoufi pour son soutien officiel à notre initiative, ainsi qu’au Ministre des Affaires Culturelles Monsieur Mohammed El Ach’ari, pour le suivi direct des étapes que nous avons accomplies dans la réalisation de ce projet. Nous renouveleons de même notre considération à Monsieur Federico Mayor, qui a fait sienne cette proposition et à donné ses instructions pour qu’elle soit soumise aux formalités officielles, couronnant ainsi sa mission, en tant que poète, à la tête de l’UNESCO. Nous saluons également Mme Lamia Salmane-Madini, représentante de l’UNESCO à Rabat, pour le soutien qu’elle a apporté à notre projet depuis l’étape préliminaire de sa présentation; à M. Mohammed Berrada, ex-ambassadeur du Maroc à Paris et ex-directeur de la commission marocaine auprès de l’UNESCO pour les contacts déterminants qu’il a pris pour veiller à la concrétisation du projet. Nous remercions chaleureusement Mr Alexandre Blokh, Consultant chargé de mission, pour da grande responsabilité dans ses démarches auprès des institutions culturelles et poétiques à travers le monde, ainsi que Mme Teresa Wagner, chargée de l’élaboration du dossier et de sa présentation à l’assemblée générale, pour son travail continu dans le but de réunir les conditions nécessaires à l’acceptation de notre proposition. Enfin, nous exprimons tout particulièrement à l’assemblée générale de l’UNESCO notre reconnaissance pour avoir pris conscience de l’importance de la poésie dans notres vie, en adopant cette déclaration historique à propos de la Journée Mondiale de la Poésie.

La Maison de la Poésie au Maroc informera ultérieurement le public sur les démarches pratique qu’elle entreprendra pour la célébration le 21 Mars 2000 de la Journée Mondiale de la Poésie, en hommage à la poésie, aux poètes et aux amoureux de la poésie et ce, en collaboration avec les institutions, les organisations et les instances concernées au niveau national et international.

La maison de la Poésie au Maroc
Casablanca, le 6 Dcembre 1999.